| Le
projet « Regards croisés sur la gestion des
restructurations de l’emploi dans les territoires
- l'anticipation des très petites entreprises » est
agréé dans le programme de la commission
européenne du FSE -article 6- concernant les « approches
novatrices en matière de gestion du changement »,
sur le thème spécifique de la gestion des
restructurations.
L’objectif de ce projet est de doter les petites entreprises
rurales (agriculture, commerce, artisanat, services) d’une
capacité d’anticipation du changement et de
les accompagner dans la gestion des restructurations. Il
s’agit plus particulièrement de :
• Repérer les bonnes pratiques d’anticipation
et les capacités d’innovation dans la gestion
des restructurations de l’emploi, en ciblant les petites
entreprises des territoires ruraux.
• Transférer ces savoir-faire par un mode spécifique
de « formation intégrée », dans
les réseaux impliqués.
Il s’agit d’une recherche/formation concernant
les TPE qui s’adresse prioritairement à des
acteurs impliqués, par la nature de leur activité,
dans les restructurations de l’emploi sur les territoires,
et participant de fait à un « dialogue social
territorial élargi » :
• des responsables de TPE inscrits dans des démarches de coopération
inter-entreprise
• des acteurs locaux au service des TPE : structures d’accompagnement,
de formation, de conseil, syndicats, services publics locaux ;
• des décideurs, experts ou démultiplicateurs : appareils
d’Etat,
organismes de recherche, de formation de formateurs, et tous les réseaux
de dissémination…
Contexte
À
la dynamique de croissance rapide dans un contexte de plein-emploi qui caractérisait
les Trente Glorieuses a succédé un état d’instabilité économique
où alternent des phases de récession puis de croissance lente,
au cours desquelles les taux de chômage restent relativement élevés.
Cet « impossible retour au plein-emploi » reflète le changement
structurel que subissent les économies des « vieux » pays
industrialisés. Face au flux croissant des délocalisations, les
restructurations industrielles s’accélèrent et semblent appelées à devenir
une donnée permanente du paysage économique et social des années à venir.
Pour maintenir la compétitivité économique et la cohésion
sociale des territoires européens, il s’agit de sortir d’une
gestion « urgentiste » des restructurations d’entreprise pour établir
une « culture du changement permanent». Cette culture reposerait
sur des stratégies d’anticipation fortes et des relations transparentes
et de confiance entre employeurs et employés, elles-mêmes facilitées
par la médiation des pouvoirs publics et des partenaires sociaux. Elle
viserait une adaptation souple de l’entreprise aux changements de conjoncture,
où sont pris en compte tant les besoins de flexibilité productive
de l’entreprise que les besoins de sécurité d’emploi
des salariés.
Sur les territoires ruraux ou en déclin industriel, les petites et très
petites entreprises (TPE) constituent le cœur du tissu économique.
Souvent isolées et dotées de trop peu de moyens matériels
et humains pour entreprendre une démarche prospective de moyen terme,
leur survie passe principalement par une coopération inter-entreprises,
une mutualisation des moyens, des analyses et des solutions permettant seule
l’élaboration collective d’outils au service de stratégies
d’anticipation du changement. Ces stratégies existent mais ne sont
pas toujours identifiées comme telles. Il s’agit de repérer
les bonnes pratiques et les capacités d’innovation dans la gestion
des restructurations de l’emploi, puis de les valoriser.
Le projet « Regards croisés... » vise à doter les TPE
rurales d’une culture de « restructuration permanente » pour
développer des stratégies anticipatives qui leur permettront de
relever les défis de l’avenir. Ces défis sont nombreux :
développement de leur « capital humain », anticipation des
nouvelles demandes du marché, sécurisation et fidélisation
de la main d’œuvre par l’instauration d’un dialogue social
renouvelé, anticipation des cessions et des reprises de TPE, gestion des
changements démographiques et conciliation des temps de vie.
Principes
d’action et caractéristiques du projet
Le projet est construit autour de 2 principes fondamentaux :
1. Une action qui s’adresse aux petites et moyennes entreprises ne peut
réussir que si elle est inscrite dans les politiques de développement
territorial ou local existantes ;
2. Toute communauté faisant face à des difficultés économiques
doit faire se croiser les initiatives locales avec les dispositifs nationaux
ou sectoriels. Cela implique des relations suivies entre décideurs publics,
organismes de conseil, de formation, organismes de recherche et tous autres acteurs
locaux ou nationaux impliqués dans les politiques de développement.
Il faut initier des formes de dialogue social adaptées, dans une démarche
de démocratie participative.
C’est l’application de ces deux principes qui doit permettre d’établir
les bases d’une culture de « restructuration permanente ».
Dans ce projet, il s’agit de mobiliser la réflexion et les savoir-faire
de tous les acteurs impliqués dans le tissu économique d’un
territoire, en vue de mettre au point des outils au service des accompagnateurs
de TPE. Ces acteurs et intervenants sont associés dans un processus d’analyse
et de production collective, organisé en parallèle dans les trois
pays partenaires : Allemagne (Tamen), Italie (Artes), France (Grep).
La méthode de travail retenue est celle de la « recherche-action ».
Elle a été choisie pour son fort potentiel de « transfert
vertical » : des territoires aux décideurs nationaux, à l’intérieur
d’un même territoire, d’un contexte national à un
autre… De
plus, la « recherche-action » fait de chaque participant aux travaux
un « diffuseur impliqué et actif » sur son territoire
et dans ses réseaux.
Les résultats sont confrontés par des « regards croisés » au
niveau transnational.
Un groupe de capitalisation transnationale est responsable de la formalisation
et de la dissémination des résultats et des transferts sur les
territoires des trois pays.
Déroulement
du projet
Le projet comprend trois phases opérationnelles,
qui se nourrissent d’un
aller-retour permanent entre niveaux « territoriaux/nationaux » et « européen » :
• l’identification des bonnes pratiques des acteurs du terrain
et les échanges
nationaux :
Une enquête exploratoire est menée dans chaque pays partenaire par
deux personnes auprès d’une dizaine d’organismes (organisme
de formation et d’accompagnement, réseaux d’entreprises, services
déconcentrés de l’Etat) mobilisés sur la question
de l’anticipation du changement au sein des entreprises rurales.
• la capitalisation transnationale des expériences entre ces
mêmes
acteurs territoriaux,
• la dissémination et l’intégration des résultats
adaptés aux différents publics et territoires.
Les fonctions de coordination et d’évaluation doivent garantir l’appui à la
gestion administrative et financière dans les trois pays et l’appui
méthodologique pour l’ajustement du processus en place.
Déroulement au niveau français
1- Identification des bonnes pratiques locales : Enquête et restitution
au sein des équipes de terrain
En France, ces organismes ont été choisis sur quatre territoires
dans les régions Bourgogne (Espace Développement), Franche-Comté (CFPPA
de Montmorot), Poitou-Charentes (CRGE) et Rhône-Alpes (AFRAT).
Les enquêteurs réalisent une dizaine d’enquêtes participatives,
sur les quatre territoires, pour mettre à jour les « expertises
cachées » concernant la capacité d’anticipation
et
d’adaptation des TPE.
Un entretien collectif semi-directif est mené auprès de chaque
organisme, visant à enclencher une réflexion collective. Les analyses
et points de vue sont retravaillés par les enquêteurs pour tenir
compte d’un contexte systémique : logique territoriale, évolution
du secteur d’activité, typologie des entreprises, ressources humaines…
Dans un second temps, ces données seront restituées à l’équipe
interviewée pour organiser la mise en confrontation des résultats
et les soumettre à discussion, dans un processus de co-construction du
savoir par « effet miroir », un savoir collectif transmissible tant
au niveau national que transnational.
Les représentants régionaux des Ministères du travail et
de l’agriculture seront invités à participer aux travaux.
2- Confrontations inter-territoriales des expertises :
Les résultats de l’enquête sont synthétisés
dans un rapport remis au comité de pilotage national, pour servir de base
aux travaux inter-territoriaux.
Un(e) représentant(e) de chaque organisme enquêté participe à un
cycle de travail de 5 séminaires, où seront confrontées
les approches en présence, à partir d’axes de travail proposés
par les enquêteurs. Seront en outre invités à participer
aux travaux d’autres acteurs concernés (chambres consulaires, ministères,
chercheurs / experts, syndicalistes),
Les pratiques de terrain sont recueillies et analysées de manière
systémique par des chargés d’études qualifiés.
Les résultats sont soumis à l’analyse d’un collectif
d’hommes et de femmes représentant les partenaires d’un « dialogue
social territorial élargi », à savoir des représentants
d’entreprises, de syndicats, d’administrations, d’accompagnateurs
d’ entreprises, de représentants territoriaux qui sont :
•
ou acteurs des restructurations de l’emploi sur leur territoire ;
• et / ou intervenant dans l’accompagnement du processus de la restructuration
;
•
et / ou porteur de savoirs ou de méthodologies spécifiques (chercheurs) ;
•
et / ou porteurs de moyens financiers ou de structures de diffusion ;
•
et / ou susceptibles de jouer un rôle d’interpellation pour enrichir
les débats.
Ces groupes sont chargés de produire un savoir collectif sur l’anticipation
et la gestion des restructurations, qui constituera la matière des échanges
transnationaux.
Les productions attendues de ces travaux collectifs sont la réalisation
collective d’un recueil analysé des pratiques et savoirs recueillis
et l’élaboration de préconisations (voire d’outils)
pour anticiper les changements dans les TPE rurales, à usage sur les acteurs
français et partenaires européens.
3- Confrontation transnationale : regards croisés
Se déroulant en parallèle de la seconde phase, la confrontation
des porteurs d’expériences et experts des 3 pays partenaires (France – Allemagne – Italie)
visent autant à nourrir les analyses nationales par la comparaison des
expériences et des systèmes d’action qu’à élaborer
une culture commune sur la question des restructurations des TPE dans les territoires
ruraux.
Chaque séminaire transnational ainsi que la conférence finale a
un double objectif :
• enrichir les analyses et les préconisations de chaque collectif
inter-territoire
par ces « regards croisés »,
• diffuser les acquis des travaux inter-territoires des 3 pays auprès
des trois partenaires et de leur réseau, et plus particulièrement
auprès des acteurs des régions d’accueil.
Résultats
et retombées escomptés
Les travaux de capitalisation doivent déboucher sur l’élaboration
de préconisations, la conception d’outils, de guides et d’autres
publications en trois langues (F, D, IT), qui seront ensuite utilisés
pour la diffusion des résultats du projet. Le comité de pilotage
transnational et le groupe de capitalisation établissent une démarche
globale de dissémination et d’intégration de ces résultats
qui différencie des groupes cibles et définit pour chacun le type
d’information qui leur sera diffusée.
Dissémination et intégration des résultats, avec trois objectifs
:
•
L’amélioration des pratiques « anticipatives » des accompagnateurs
de TPE en leur transmettant, pour intégration, des outils et des stratégies
d’anticipation de la restructuration de l’emploi.
•
Cette intégration doit permettre de s’inscrire dans un contexte
territorial et partenarial, et contribuer ainsi à la mise en place d’un
dialogue social élargi sur chaque territoire.
•
Les opérations de dissémination et d’intégration ont
aussi pour objectif d’ouvrir la démarche au-delà du partenariat
France-Allemagne-Italie, en multipliant les relais d’information.
Cinq actions de dissémination sont prévues : deux actions seront
de nature transnationale et s’adressent à un réseau syndical
et un réseau du tourisme rural. Ces partenariats visent des pays nouvellement
adhérents à l’Union européenne notamment la Hongrie.
Les trois autres actions – nationales - concernent la France, l’Allemagne,
l’Italie et sont établies par les partenaires de chaque pays en
lien avec le groupe de capitalisation.
Ces objectifs mettent en évidence deux groupes-cible :
•
les partenaires sociaux et les collectivités territoriales
•
les structures d’accompagnement et de formation des TPE
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Un partenariat transnational
France : GREP
Représentant : Patrick Senault Coordinatrice
Projet : Odile Plan
Le Grep est un lieu de réflexion, de débats
et d'expérimentation, une force de proposition face
aux enjeux de société. Il travaille en relation
avec un réseau de nombreux partenaires. Il permet à différents
acteurs (chercheurs, formateurs, élus politiques et
syndicaux, praticiens de terrain…) d'échanger
et de produire collectivement sur les thèmes du développement
local, de la TPE rurale, de l'organisation du travail, de
l'approche genre… Il agit par le conseil, la formation,
les études-actions et diffuse ses travaux dans la
revue POUR.
Allemagne : tamen
Représentante : Dr. Marie-Luise Kopp Corrdinatrice
projet : Sigrid Wölfing
Tamen travaille dans le conseil aux TPE et PME, la gestion
de projets européens, le développement personnel
et organisationnel, le développement de nouvelles
formes d’apprentissage pour les PME et TPE, la formation
professionnelle, les études.
Italie : ARTES
Représetante : Lilia Infelise Coordinatrice
projet : Lilia Infelise
Artes est un organisme de recherche qui travaille sur l’expérimentation
de nouveaux modèles théoriques et opérationnels
pour la promotion d’organisations et communautés
locales, en intégrant la question de l’intégration
sociale.
Un partenariat
au niveau français
Les partenaires
sont des professionnels intervenant sur la conduite du
changement auprès de territoires, d’organismes et/ou d’entreprises
impliqués, de gré ou de force, dans un processus
ou des perspectives de changement.
4 partenaires sur 4 régions
1 groupement d’entreprises
: CRGE (Centre régional de ressources sur les groupements
d’employeurs
en relation avec des réseaux nationaux) - Poitou-Charentes
2 associations d’accompagnement de
TPE :
• Espace développement - Bourgogne
• AFRAT (association de formation/conseil spécialisée dans
le tourisme rural créée à l’origine par des syndicats
agricoles et des associations de développement
local)
Rhône-Alpes
1 organisme public de formation continue
: CFPPA de Montmorot (établissement d’enseignement agricole étendant
ses activités dans des actions territoriales d’accompagnement
des TPE) - Franche Comté
=> 4 premières structures partenaires à enquêter et/ou
relais vers d’autres structures à enquêter sur leurs territoires
(objectif : une dizaine de structures enquêtées)
2 chargés d’enquête : Sophie Rouault et Jean Le Monnier
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Présentation des partenaires français
CRGE
- Centre régional de ressources sur les groupements
d’employeurs
Représentant légal : Albert Guy - Contact
: Audrey Metayer - Chef de projet : Thierry Chevallereau
Le CRGE est une association basée en Poitou-Charente.
Son Conseil d’Administration est composé de
représentants de la CFDT, du CJD, de la Chambre des
métiers, d’OPCA de branches ou multisectoriels,
de directeurs et présidents de GE. Il informe sur
le dispositif des groupements d’employeurs, en assure
la promotion, conseille et accompagne les porteurs de projets.
Il informe les GE existants, notamment dans le domaine juridique.
Il anime un réseau de partenaires au service des GE
dont il capitalise certaines expériences spécifiques.
Thierry Chevallereau dirige un GE de 48 entreprises et 100
salariés.
Le CRGE s’intéresse aux transferts de méthodes,
avec le parti pris que le développement du professionnalisme
en terme de gestion, de ressources humaines et de management
dans les grosses structures peuvent être sources d’enseignement
pour accompagner les petites. Le CRGE possède une
connaissance approfondie des pratiques, des entreprises (4 à 1000
salariés) et des relations employeurs/salariés.
Il s’interresse à une approche plus théorique.
AFRAT - Association pour la
formation des ruraux aux activités du tourisme
Représentant légal : Dominique Zupan - Contact
: Brigitte Arpin-Pont - Chef de projet : Brigitte Arpin-Pont
L’AFRAT est un centre de formation professionnelle
pour adultes et d’accompagnement de projets individuels
et collectifs dans le domaine du tourisme rural, en France
et à l’international. Il est implanté en
Rhône-Alpes dans le parc naturel régional du
Vercors. Pour nourrir son volet formation, il mène
des recherches-actions (Equal par exemple) et oriente une
partie de ses activités vers la création pédagogique.
L’AFRAT est membre fondateur de Tetractis dont la vocation
est d’accompagner des pays en voie de développement
dans leur développement touristique (Afrique, Arménie,
Equateur, Madagascar).
Espace développement
Représentant légal : Olivier Mazué Chef
de projet : Olivier Mazué
Espace Développement est un cabinet coopératif
de 2 consultants intervenant pour des collectivités,
des ONG, des entreprises et des particuliers. Cette structure
agit dans l’esprit de l’éducation populaire
pour le développement des territoires, des organisations,
des personnes. Elle intervient dans l'accompagnement des
processus de changement et de développement, le
conseil aux entreprises et le coatching de responsables
d’entreprises,
l’analyse de pratiques pour les cadres dirigeants
et intermédiaires, la réalisation de diagnostics
dans les territoires...
Aux prises avec les questions du changement dans les entreprises
marchandes ou non, Espace et Développement apporte
une expertise de la notion de changement. Son objectif dans
le projet se situe dans l’échange de pratiques,
d’expériences, d’outils et un fort intérêt
pour la dimension transnationale.
CFPPA de Montmorot - Centre de formation professionnelle
et de promotion agricole
Représentant légal : Jean-Claude Viallard - Contact : Thierry
Blang - Chef de projet : Thierry Blang
Le CFPPA de Montmorot est un établissement public
de formation qui propose plusieurs axes de professionnalisation
: formation à l’installation agricole, formation à la
création d’activités en milieu rural
(activités touristiques, services, attelage de chevaux,
guide pêche…), développement des territoires
et projets. Il assume également une fonction d’étude
et de conseil auprès des collectivités locales
sur la qualification des acteurs jurassiens du tourisme.
4 personnes, au sein du CFPPA, mènent une réflexion
sur un dispositif de formation pour accompagner le changement
dans les territoires |