« Depuis soixante
ans, j’ai réalisé vingt-cinq expériences,
portant toutes sur des innovations. J’entends par
là que j’étais amené, soit à améliorer
des actions qui ne fonctionnaient pas bien – selon
moi ou selon les personnes qui faisaient appel à moi – soit à faire
du nouveau, c’est-à-dire à réaliser
de nouveaux projets. J’essaye ici d’analyser
et de décrire ce qu’une douzaine d’expériences
m’ont appris et quelle a été la succession
de mes propres apprentissages. »
Bertrand Schwartz
Face à la tentation de la désespérance, Bertrand nous
dit tout simplement à travers ce dossier « qu’il ne faut
jamais baisser les bras car on peut presque toujours repousser indéfiniment
les limites du possible ». Mais il est nécessaire de s’y
préparer et de s’y former : les expériences et les thèmes
de ce dossier sont de bons exercices pour cela.
Sommaire du
dossier
Louise L.
Lambrichs - L’esprit d’une
démarche
Gérard Sarazin -
Repousser les limites du possible
Les
thèmes
• La recherche-action collective
• L’écoute
• La quête permanente d’un consensus
• La place des acteurs
• Le concret
Les sites
• La réforme de l’École
des mines de Nancy (1954-1970)
• Briey : action de formation collective dans le bassin
ferrifère
lorrain
• IPST : adapter la formation aux adultes
• Préfecture de la Gironde : responsabiliser
le personnel
• La création des missions locales (1982-1985)
• NQ 1 : une démarche « constructiviste » de
la qualification
• NQ 2 : former à partir des dysfonctionnements
de l’entreprise
• Automédiatisations : donner la parole à ceux
qu’on n’écoute jamais
• La médiation sociale (1997-2003)
Table
ronde : Faire vivre
l’innovation
Anne de Blignières, Christian Blondelle, Alain Elie,
Françoise Gautier-Etier,
Patrick Girard, Raphaël
Slama
Pourquoi ce tiré
à part ?
Vous êtes acteurs de la formation
et du champ social. Parce que vous êtes confrontés
en permanence à des situations nouvelles, vous êtes
amenés à innover.
Il vous arrive parfois de ne pas supporter les rigidités,
les formalismes, les langages convenus, les manques de
moyens. Alors vous vous demandez quel est le sens de ce
que vous faites et quelle est son utilité sociale.
Vous êtes pris d’une forte envie de faire quelque
chose pour changer la situation mais vous avez peur de
passer pour un doux rêveur ou pour un utopiste dangereux
et n’osez pas. Car, bien souvent, vous ne voyez pas
et ne savez pas comment vous y prendre, et surtout comment
commencer.
Alors si vous êtes dans ce cas, ce dossier est pour
vous.
Il ne vous apportera pas un modèle ni une recette.
Il ne vous apprendra pas à construire un projet
suivant un modèle type avec ses retombées
finales attendues et son plan de financement bien ficelé sur
cinq ans !
Mais il pourra vous inciter à tenter de repousser
les limites du possible.
En vous donnant la possibilité de comparer, de l’intérieur,
vos expériences à celles qu’a menées
Bertrand Schwartz, il pourra être un de ces compagnons
qui permettent de se sentir moins seul.
Car il n’est jamais facile de construire sans trop
savoir où l’on va aboutir. Et cela n’a
de sens que si vous avez intégré cette nécessité absolue
de n’avancer qu’en s’appuyant sur une écoute
attentive de ceux avec qui vous aurez toujours le souci
d’élaborer un consensus opérationnel.
Ainsi se construit cette pensée collective qui permet
l’action.
C’est pourquoi Bertrand Schwartz et moi remercions
le Grep d’avoir tiré à part ce dossier
de la revue POUR paru en mars 2006 afin de le rendre plus
accessible et en élargir la diffusion.
Gérard Sarazin
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