Le jeu de société Bohnanza

Description du jeu Bohnanza

Bohnanza est un jeu de 104 cartes représentant des haricots. Il y a huit sortes de haricots et le nombre de cartes par sorte varie de 6 à 20. Chaque sorte de haricots se distingue par les rapports revenu par quantité, c’est à dire du nombre de cartes de la même sorte qu’il faut réunir pour gagner une, deux, trois ou quatre pièces d’or. Evidemment, en application du principe que ce qui est rare est cher, les haricots en petit nombre rapportent plus que les haricots courants. Par exemple, trois cartes de haricots « Rote Bohne » (en huit exemplaires) rapporte deux pièces d’or alors que trois cartes de haricots « Saubohne » (en seize exemplaires) rapporte une pièce d’or. En outre, le prix de vente est d’autant plus favorable que le nombre de cartes est important. Par exemple, il faut au moins trois cartes « Brechbohne » pour gagner une pièce d’or alors que six cartes de cette sorte rapportent trois pièces d’or et sept cartes quatre pièces d’or !

Le but du jeu est d’être le plus riche à la fin de la partie. La fortune se compte en pièces d’or. Une pièce d’or est représentée au dos de chaque carte haricot, il suffit de retourner certaines des cartes au moment d’une vente pour comptabiliser les pièces d’or gagnées.

Petite aparté dans ce guide, j’ai découvert récemment que l’on pouvait tricher au scrabble grâce à certains sites. C’est juste une révolution. Depuis, mes amis me surnomme l’imbattable du Scrabble !

Au début du jeu, les joueurs reçoivent cinq cartes chacun et, règle très importante, ils doivent respecter l’ordre de distribution de leurs cinq cartes lorsqu’ils prennent leurs cartes en main. Un joueur ne peut en aucun cas trier ou mélanger les cartes de sa main, elles devront être jouées dans l’ordre de leur tirage. Les autres cartes constituent la pioche.

A son tour de jeu, un joueur doit effectuer plusieurs actions dans un ordre précis.

  1. Il joue obligatoirement la première carte de sa main et, s’il le désire, il peut également jouer sa deuxième carte. Jouer une carte consiste à la poser face visible devant soi pour créer ou complèter un champ de haricots. Un champ de haricots contient une seul sorte de haricots et un joueur ne peut avoir que deux champs devant lui. S’un joueur a déjà deux champs et que le haricot qu’il doit jouer est d’une troisième sorte, il doit obligatoirement vendre un de ces deux champs pour poser sa nouvelle carte. Vendre un champ consiste à échanger les cartes de ce champ contre leur équivalent en pièces d’or. Pour matérialiser les pièces d’or, le joueur retourne le nombre correspondant de cartes qu’il vend, les autres cartes vont à la défausse.Il peut arriver qu’on soit obligé de vendre un champ alors qu’il ne rapporte rien. Pour éviter ce cas de figure, un joueur peut acheter un troisième champ contre trois pièces d’or.
  2. Il dévoile les deux premières cartes de la pioche à tout le monde. Il a alors le choix entre les poser dans ses champs suivant les mêmes règles que la première phase ou les échanger avec d’autres joueurs. S’il n’arrive pas à les échanger, il sera obligé de les poser dans ces champs.L’échange se fait librement entre les joueurs sur la base des intérêts bien compris de chacun (par exemple, un « Feuerbohne » contre un « Blaue Bohne », deux « Sojabohne; » contre un « Gartenbohne », etc. Le joueur dont c’est le tour peut échanger les deux cartes piochées ou des cartes de sa main, les autres joueurs n’échangent que des cartes de leur main. Règle très importante : on peut échanger n’importe quelle carte de sa main quelque soit sa position. On peut même offrir des cartes, ce qui est pratique lorsqu’une carte est particulièrement encombrante…
  3. Les échanges une fois terminés, tous les joueurs placent les cartes échangées et, éventuellement, vendent leurs champs en conséquence.
  4. Pour finir, le joueur pioche trois cartes de sa pioche qu’il place dans l’ordre à la suite des autres cartes de sa main.

Le jeu se déroule ainsi jusqu’à ce que la pioche soit épuisée. On mélange les cartes de la défausse (issue de la vente des champs) pour constituer la nouvelle pioche. La partie s’arrête lorsque la pioche est épuisée pour la troisième fois. Le plus riche l’emporte.

 

Opinions de joueu(r)(se)

Qu’ils soient traditionnels ou fassent appel à des cartes spéciales, tous les jeux de cartes ou presque se fondent sur la gestion de sa main de cartes. Bohnanza ne déroge pas à cette règle, à un détail près qui fait toute l’originalité de ce jeu : la main d’un joueur est son principal adversaire !

En effet, ce ne sont pas les autres joueurs qui vous empêcherons de finir ces deux superbes champs de « Brechbohne » et « Sojabohne » (quoique cela arrive parfois) mais bien cette stupide carte de « Blaue Bohne » en début de votre main que vous êtes obligé de placer. Une seule solution : vendre cette carte à tout prix, voire même la donner à un de nos vos adversaires, perspective abominable qui vous remue les tripes, mais bon, on n’a rien sans rien…

Ainsi, les règles de Bohnanza ne sont pas très intuitives, elles apparaîssent même contre-nature (interdiction de trier sa main et dons de cartes aux adversaires). L’énoncé des règles laisse en général les joueurs novices perplexes. Mais elles sont assimilées en deux tours de jeu et on découvre alors combien elles sont efficaces pour animer une partie. C’est bien simple, les joueurs sont obligés de négocier, de discuter, l’absence d’accord n’est pas seulement regrettable, il est catastrophique. Des joueurs peu enclins à la négociation (souvent par peur de se faire avoir) se rendent très rapidement compte de l’impasse dans laquelle mène leur attitude.

Bohnanza est donc un jeu bien agréable car aucun joueur ne reste dans son coin et la convivialité est assurée. Si vous êtes tous débutants, les premières parties vous sembleront certainement un peu bizarres, Bohnanza gagne à être découvert par un joueur « expérimenté » qui lancera la partie en montrant tout l’intérêt des échanges. N’oublions pas que ces échanges sont obligés à la fois par l’ordre des cartes de votre main et par les deux cartes que vous dévoilez de la pioche et que vous serez obligé de planter si vous ne les échangez pas.

Bohnanza vous permettra de donner libre cours à vos talents de boursicoteur sans faire courir de danger à quiconque. Bohnanza montre que la valeur d’un bien dépend moins de sa valeur intrinsèque que de l’environnement de l’échange. Ainsi ne faudra-t-il pas hésiter à échanger une carte « 8 » contre une carte « 14 » si cette dernière vient opportunément achever un champ. De même, suivant la loi très simple de l’offre et de la demande, il est largement conseillé de planter des variétés de haricots que les autres ne font pas. Si vous êtes seul sur une variété alors que vos adversaires sont en concurrence sur une autre, vous aurez sans aucun doute l’opportunité de réaliser des échanges très avantageux. Les apparemment peu productifs « 20 » et « 18 » ne doivent pas surtout être négligés car si vous êtes le seul à les faire, les autres joueurs vous braderont, voire vous donneront leurs cartes pour s’en débarrasser. Autre question cruciale : à quel moment vendre un champ ? Suivant le principe de progressivité du gain, chaque nouvelle carte ajoutée rapporte plus que la précédente. Mais vendre un champ inachevé permet de saisir une occasion peut-être plus juteuse. Cela dit, la plupart du temps, la vente d’un champ sera forcée par une carte dont vous n’avez pas pu vous débarasser. Cela posera alors l’autre question du jeu : faut-il acheter un troisième champ ou non ? Un troisième champ coûte cher, aurez-vous le temps de le rentabiliser ou non ? La liberté qu’offre un troisième champ signifie que vous pourrez planter plus de variétés et donc que vous pourrez faire concurrence à vos adversaires et que vous aurez moins de risque de brader vos cartes.

Un dernier détail : il n’est pas innocent de vendre ou non un champ juste avant que la pioche soit épuisées. Vendre un champ réintroduit des cartes d’une variété dans le circuit et peut prolonger le jeu. Acheter un troisième champ réintroduit également des cartes dans le circuit et un joueur qui a trois champs a tout intérêt à ce que le jeu se prolonge.

Bohnanza a fait naître des extensions, des variantes ou des jeux proches sur le même thème. J’en connais peu et, quelque soit leurs qualités, ils font perdre au jeu sa qualité première : les subtilités d’un mécanisme simples.